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S1E6

Surréalisme solaire

Marie-Julie Bourgeois

Artiste - Docteure en Esthétique, Science et Technologie des Arts de Paris 8

Si les dispositifs contemporains de prolongement du jour menacent nos libertés de perception, comment visualiser cet avenir aveuglant ? L’escran – meuble ou éventail pare-feu servant à se protéger des ardeurs des flammes au siècle des lumières – s’immisce dans nos intimités, nos architectures se parent de lumières électriques participant à redéfinir notre rapport à l’obscurité. Une désynchronisation biologique des organismes et écosystèmes s’opère ; la nuit disparaît et avec elle le sommeil. Les enjeux écologiques interrogent notre rapport au rythme circadien et aux rayonnements : nous absorbons l’énergie lumineuse par la peau et les yeux (rayons éblouissants, bronzants, chauffants, hypnotisants…). Ces ondes génèrent des effets opiacé-like tout comme les images provoquent un effet d’attachement à travers le paradoxe de la fiction. Par ailleurs, notre consommation énergétique augmente, or nous utilisons les dernières heures du soleil ancestral. L’ensemble des pratiques versus solem orientem influencent notre liberté de perception par l’industrie de la vision. Les activités humaines menacent la qualité et l’opacité de notre horizon, mais aussi nos relations médiatisées par les flux optiques. Le mythe tient une place fondamentale voire constitutive de notre espèce, et la pulsion scopique est stimulée par la fiction audio-visuelle. Nos attentions sont au cœur des enjeux économiques et écologiques à travers les nouvelles idéologies. Il y a un siècle, les surréalistes proposaient un vocabulaire psychanalytique et poétique pour redéfinir le réel et la fiction par l’inconscient. Le design spéculatif propose une méthode critique à travers des scénarios impliquant les technologies émergentes. Le surréalisme solaire interroge alors nos futurs potentiels entre mythologies et météorologies.